Derichebourg : un rôle à jouer dans la relance européenne ?
Le spécialiste du recyclage des métaux pourrait bénéficier d’une demande d’acier soutenue en Europe, en lien avec la hausse des budgets militaires et d’infrastructures. Le redressement de la filiale de restauration collective, Elior, peut aussi exercer un levier important sur les résultats.

Alors que le marché mondial de l’acier est devenu surcapacitaire dans une conjoncture déclinante et sujette à de fortes turbulences depuis l’application de 25% de droits de douanes sur les importations d’acier aux Etats-Unis, les aciéristes ont malgré tout une bonne raison de garder espoir. Le plan de réarmement de 800 milliards d’euros engagé par l’Europe et le programme d’investissements dans les infrastructures allemandes voulu par le prochain chancelier, Friedrich Merz (on parle de 500 milliards), pourraient en effet changer la donne en soutenant la demande. Une aubaine pour les recycleurs de ferrailles dont la production alimente les groupes sidérurgistes, d’autant que comme d’autres métaux, « la ferraille va devenir un enjeu de souveraineté pour nombre de pays » estime Nicolas Royot, analyste financier chez Portzamparc. Les aciéristes européens pourraient en effet faire pression au niveau des institutions pour interdire l’exportation de ferrailles pour assurer leur approvisionnement.
Redressement d’Elior en vue
Dans ce contexte, Derichebourg a une bonne carte à jouer. Le spécialiste du recyclage des métaux avait plutôt bien résisté au cours de son exercice 2023/2024 en limitant la baisse des volumes de ferraille commercialisés à -5,7% avec des prix globalement étales. Il était aussi parvenu à stabiliser son excédent brut d’exploitation malgré une cyberattaque, grâce à une amélioration des performances dans l’activité de services aux collectivités et au démarrage de nouvelles lignes de tri. Pour l’exercice en cours, la direction s’est fixé un objectif d’excédent brut d’exploitation d’au moins 350 millions d’euros (contre 330 millions l’an dernier). Elle mise sur l’effet positif de la montée en puissance des nouvelles lignes de production et sur la baisse du prix de l’électricité, sachant que le coût de 15 millions d’euros de la cyber-attaque de l’an dernier n’est, à priori, pas reconductible. Enfin, la filiale Elior, spécialisée dans la restauration collective et contrôlée à 48,17%, devrait logiquement voir ses profits décoller après les restructurations engagées ces dernières années alors que sa contribution aux bénéfices a été négative de 19 millions d’euros l’an dernier. D’après le consensus Factset, le bénéfice net de Derichebourg pourrait pratiquement doubler cette année pour atteindre 130 millions d’euros. Le cours actuel capitalise environ 7 fois cette prévision, ce qui n’a rien d’excessif au regard du potentiel d’amélioration du marché de l’acier en Europe et du redressement de la filiale Elior.
Notre conseil : achetez Derichebourg à 5,55 euros pour viser 7 euros à un horizon de 18 mois. Code : FR0000053381.