Publicis : une longueur d’avance sur la concurrence
Le géant français de la publicité continue de surperformer son secteur grâce à un positionnement digital très avancé. Ses résultats devraient à nouveau progresser cette année, même si la conjoncture s’annonce plus difficile que prévu aux Etats-Unis, plus gros marché du groupe.

Le monde de la publicité se divise en deux avec d’un côté Publicis et de l’autre ses concurrents. Le groupe français récolte les fruits de la stratégie mise en place il y a plusieurs années autour du développement du numérique et de la data permis par des acquisitions pertinentes et structurantes comme Epsilon et Sapient. En conséquence, son revenu net (principal indicateur d’activité dans la publicité) a progressé l’an dernier de 5,8% à données comparables (+6,3% au dernier trimestre) quand dans le même temps les autres groupes sont à la peine, à l’image de WPP dont l’activité a baissé de 1% après un quatrième trimestre décevant. Publicis est ainsi devenu en 2024 le premier groupe de publicité au monde, tout en maintenant sa rentabilité dans les standards les plus élevés de la profession avec une marge opérationnelle de 18%, équivalente au niveau record déjà atteint en 2023. Autre sujet de satisfaction, le cash-flow libre avant variation du besoin en fonds de roulement a grimpé l’an dernier de 18,8% pour atteindre 1,83 milliard d’euros, si bien que le groupe conserve une position de trésorerie nette de 775 millions d’euros, lui permettant de proposer un dividende de 3,60 euros par action, en hausse de 5,9%. Il procure un rendement très correct de près de 4% sur la base des cours actuels.
Vers une nouvelle année de surperformance
Publicis ne compte pas en rester là. Le groupe dirigé par Arthur Sadoun entend bien surperformer à nouveau l’industrie à nouveau en 2025 pour la sixième année consécutive et vise une croissance des revenus comprise entre 4% et 5% avec une légère progression du taux de marge opérationnelle. Une perspective qui n’a pas été appréciée par les marchés à sa juste valeur en raison des difficultés rencontrées par le concurrent WPP qui de son côté s’attend pour 2025 à une croissance comprise entre -2% et 0%. Il est vrai que le marché américain de la publicité, avec lequel Publicis réalise 60% de ses revenus, pourrait fléchir, mais l’offre du groupe français devrait continuer de faire la différence. Après avoir inscrit un record historique à 109,30 euros, l’action Publicis a reflué dans la zone des 90 euros. Une belle occasion à saisir pour miser sur la poursuite de la croissance du groupe français dont la valorisation n’a rien d’excessif puisque le titre capitalise seulement 12 fois les profits attendus par Factset en 2025 et à peine plus de 11 fois ceux espérés pour 2026. Publicis ne semble pas non plus redouter le projet de fusion en cours de ses concurrents américains Omnicom et Interpublic Group, et y voit même une opportunité puisque le champ concurrentiel va être réduit de 25%.
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