Alstom : pour miser sur les investissements dans les infrastructures en Europe
Le spécialiste des systèmes de transports ferroviaires fait partie des groupes les plus impliqués dans la relance des investissements d’infrastructure en Europe, même si ceux-ci prendront du temps pour se matérialiser dans les commandes. En attendant, le redressement des marges se poursuit.

L’action Alstom fait l’objet d’une forte volatilité depuis quelques semaines. Après avoir bondi de 12,3% le 6 mars pour inscrire un pic annuel à 26,02 euros elle a par la suite reflué de près de 20%. A l’origine de cette effervescence, la perspective d’un vif rebond des investissements d’infrastructure en Europe permise par un assouplissement de la rigueur budgétaire, notamment en Allemagne où le Bundestag et le Bundesrat ont voté la réforme du frein à la dette inscrite dans la constitution. Sous la houlette de son prochain chancelier Friedrich Merz, l’Allemagne envisage ainsi de consacrer pas moins de 500 milliards d’euros à la rénovation et au développement de ses infrastructures. Le réseau ferroviaire est naturellement concerné par ce programme et peut offrir de belles perspectives à Alstom déjà bien implanté sur ce marché. Mais il faudra attendre le détail de ce plan d’investissement massif pour évaluer les conséquences positives qui n’apparaitront de toute façon qu’à moyen terme. En attendant, le constructeur du TGV n’est pas en reste puisque son chiffre d’affaires a progressé de 6,9% en organique sur les neuf premiers mois de l’exercice 2024/2025 clos fin mars, pour atteindre 13,44 milliards d’euros. Plus important, les prises de commandes ont augmenté encore plus vite (+9,4%), si bien que le carnet de commandes à fin décembre 2024 se situait à 94,7 milliards d’euros, soit l’équivalent de 5 années de chiffres d’affaires.
Désendettement rapide
Au-delà de cette bonne visibilité, Alstom a retrouvé la faveur des investisseurs grâce à l’amélioration progressive de sa rentabilité depuis les déboires rencontrés après le rachat de Bombardier, dont un bon nombre de contrats n’étaient pas rentables. La marge opérationnelle du groupe devrait ainsi évoluer autour de 6,5% au terme de l’exercice 2024/2025 après 5,7% en 2023/2024 et 5,2% en 2022/2023. Après son appel au marché pour 1 milliard d’euros, Alstom a aussi restauré son bilan avec une dette retombée à 927 millions d’euros au 30 septembre 2024 contre 2,9 milliards un an plus tôt. Le groupe a prévu de dégager entre 300 et 500 millions d’euros de cash-flow libre sur l’exercice 2024/2025 et pourrait donc repasser en situation de trésorerie nette positive dès l’exercice 2027/2028. Avec un multiple de moins de 12 fois les profits et une valeur d’entreprise de 7 fois l’excédent brut d’exploitation attendus pour l’exercice 2025/2026, le dossier n’est pas excessivement valorisé malgré son rebond logique sur un an.
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