S'abonner

Logo decisionbourse.fr

Se connecter

Quadient : un titre toujours aussi « value »

Comme prévu, le spécialiste des solutions de courrier continue de subir le déclin de son métier historique mais les nouvelles activités prennent progressivement le relais et deviennent plus rentables. Outre sa faible valorisation, le dossier offre un rendement de plus de 4% et comporte une dimension spéculative.

Quadient Pixabay.com
Quadient Pixabay.com

Les résultats publiés par Quadient n’ont pas révélé de grosses surprises et ont confirmé le déclin du métier historique de solutions pour le courrier lié au développement du digital. Cette activité a reculé l’an dernier de 2,5% mais elle représente encore 67% du chiffre d’affaires et 80% de l’excédent brut d’exploitation du groupe. Pour compenser cette érosion appelée à se poursuivre, Quadient mise sur ses deux autres pôles que sont le digital (gestion de l’expérience client et automatisation des processus) et les consignes colis automatique qui pèsent pour respectivement 24,5% et 8,5% dans le chiffre d’affaires. Leur niveau de rentabilité est encore loin de celui des solutions de courrier, dont la marge d’excédent brut d’exploitation atteint encore 27,4% bien qu’en repli de 2,5 points sur un an, mais il s’améliore. Le digital a ainsi amélioré sa marge de 5,7 points à 17,5% en 2024 tandis que les consignes colis (25000 consignes désormais installées dans le monde), encore en perte en 2023 sont passées dans le vert avec une petite marge de 0,6%. Au total, le résultat opérationnel courant a stagné à 146 millions d’euros, tandis que le bénéfice net a reflué de 4% à66 millions.

Daniel Kretinsky toujours en embuscade


Compte tenu du poids du métier historique, les perspectives de croissance vont rester limitées à court terme. Le plan à trois ans vise une croissance organique annuelle du chiffre d’affaires de plus de 1,5% et du résultat opérationnel courant de plus de 3% entre 2024 et 2026, avec l’objectif de hisser le chiffre d’affaires à plus de 1,3 milliard d’euros en 2030 (1,09 milliard en 2024) et un résultat opérationnel courant d’environ 250 millions (147 millions en 2024). Ce dernier objectif parait ambitieux au regard des faibles progrès réalisés en 2024. Le modèle économique devient malgré tout plus prévisible avec 71% du chiffre d’affaires provenant des revenus liés aux souscriptions en 2024. Pour 2025, la direction de Quadient table sur une accélération de la croissance du chiffre d’affaires et du résultat opérationnel malgré la poursuite du déclin des solutions pour le courrier. Le consensus regroupé par Factset évoque un bénéfice de 83 millions d’euros pour 2025 qui ferait ressortir un multiple de capitalisation de seulement 6,6 fois compte tenu de la baisse du cours de 15% depuis le début de l’année. La faible valorisation prend ainsi en compte la croissance limitée à court terme. En attendant de retrouver une dynamique plus soutenue, Quadient met en place une politique de distribution attractive avec un dividende de 0,70 euros par action, en hausse de 7,6% et procurant un rendement de 4,3%. En fin, le dossier comporte une dimension spéculative au regard de la présence au tour de table (15,1%) du milliardaire Daniel Kretinsky qui vient de s’emparer de la poste britannique pour 3,7 milliards de livres sterling et avec laquelle il serait possible de mettre en place des synergies pour les activités courrier de Quadient.
Notre conseil : achetez Quadient à 15 euros pour viser 19 euros à un horizon de 18 mois. Codes : FR0000120560 et QDT.

// ADS SECTION