Bureau Veritas : une saine consolidation
L’action du spécialiste de la certification stagne depuis son entrée dans le CAC 40 en décembre dernier. Une pause bien venue après un beau parcours et qui permet d’envisager de nouveaux sommets dans la perspective de la réalisation du plan LEAP I 28.

Son entrée dans l’indice CAC 40 le 20 décembre dernier n’a pour l’instant pas porté chance à l’action Bureau Veritas qui baisse de 5% depuis le début de l’année alors que dans le même temps, l’indice Parisien a rebondi de 5%. La publication des comptes 2024 a pourtant révélé des résultats solides, marqués par une croissance organique de 10,2% du chiffre d’affaires et une amélioration de 0,11 point (0,38 point à taux de changes constants) de la marge opérationnelle ajustée qui a atteint 16%. Surtout, le groupe spécialisé dans la certification des produits, des bâtiments et des systèmes de gestion a dégagé un flux de trésorerie disponible record de 843,3 millions d’euros, en progression de 27,9% sur un an. Mais les investisseurs avaient visiblement anticipé les bonnes nouvelles et ont préféré prendre une partie de leurs bénéfices sur le dossier. C’est également le cas de l’actionnaire principal, la société d’investissement Wendel, détentrice de 26,5% du capital et qui a réalisé une opération de vente à terme d’un bloc de 6,7% du capital de Bureau Veritas le 12 mars dernier au prix unitaire de 27,25 euros par action, (soit un prix légèrement inférieur au cours actuel) tout en se laissant la possibilité de bénéficier d’une hausse de l’action allant jusqu’à 15% sur trois ans.
Echec de la fusion avec SGS
Les objectifs pour 2025 visant une croissance organique modérée à élevée à un chiffre des facturations, une marge opérationnelle ajustée en progression et un flux de trésorerie à un niveau élevé ont été par ailleurs jugés rassurants mais pas spectaculaires par les marchés. Il est toutefois probable que la direction, traditionnellement prudente, attende de se projeter davantage sur l’année pour affiner sa feuille de route et réserver une bonne surprise ultérieurement. Car les activités de Bureau Veritas affichent une dynamique soutenue dans la plupart des régions, que ce soient les Amériques (27% du chiffre d’affaires), l’Europe (35%) ou l’Asie Pacifique (28%), portées par des obligations réglementaires croissantes et de plus en plus complexes. Le groupe a aussi choisi de recentrer son portefeuille et de développer les services liés à la durabilité. Il a ainsi acquis l’an dernier 10 sociétés représentant un chiffre d’affaires de 180 millions d’euros et cédé son activité de tests alimentaires, ainsi qu’une activité de supervision technique en Chine. De quoi crédibiliser la feuille de route LEAP I 28qui prévoit un retour annuel à deux chiffres d’ici 2028 à travers la croissance du bénéfice par action et le rendement des dividendes.
A cet égard, Bureau Veritas va augmenter son dividende de 8,4% cette année pour le porter à 0,90 euro par action (soit un rendement de 3,1%). La robustesse du bilan caractérisé par un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation de 1,06 fois autorise une accélération des acquisitions. Le projet de fusion avec le concurrent suisse SGS ayant été abandonné en janvier dernier faute d’accord sur les questions de gouvernance et les différents paramètres financiers, d’autres opérations de taille et génératrices de synergies pourraient se profiler. En bourse, le titre capitalise environ 19 fois les profits estimés par le consensus Factset pour cette année, tandis que la valeur d’entreprise représente 11 fois l’excédent brut d’exploitation. Des ratios légèrement en-deçà de la moyenne des 10 dernières années et surtout très inférieurs à ceux de SGS (respectivement 22,2 fois et 12 fois).
Notre conseil : achetez Bureau Veritas à 26,5 euros pour viser 33 euros à un horizon de 18 mois. Codes : FR0006174348 et BVI.